La grosse altise du colza (Psylliodes chrysocephala) est un insecte dont l’adulte mesure jusqu’à 4,5 mm, au corps bleu-vert aux reflets métalliques. Elle hiverne à l’état adulte et attaque surtout les crucifères comme le colza, le chou ou la moutarde. Sa larve, qui peut atteindre 8 mm, creuse des galeries dans les pétioles et les tiges, ce qui la rend difficile à atteindre une fois installée.

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title: “Altises au potager: identifier ces coléoptères sauteurs et limiter les dégâts sans produits lourds” description: “Vous avez des feuilles criblées de trous et de petits coléoptères qui bondissent? Apprenez à reconnaître les altises, comprendre leur cycle et choisir une méthode de lutte adaptée à votre jardin.” pubDate: 2026-06-21 category: “Nuisibles & Ravageurs” categorySlug: “nuisibles-ravageurs” author: “Thibault Ferly” readingTime: “10 min”

imageAlt: “Gros plan sur une altise des crucifères posée sur une feuille verte criblée de petits trous ronds caractéristiques” order: 1 faqSchema: true targetKeyword: “altises” qualityFlags: [‘hedging_high’] editorPassAt: ‘2026-07-04T10:48:04.699578+00:00’

Vous inspectez vos jeunes plants de navets, roquette ou choux et vous découvrez des feuilles transformées en passoire, criblées de dizaines de petits trous ronds. Vous approchez la main et, au lieu de pucerons, ce sont de minuscules insectes noirs ou bronzés qui bondissent dans tous les sens. Ce sont les altises. Leur capacité à sauter dès qu’on les dérange les rend immédiatement reconnaissables, mais aussi difficiles à maîtriser. Avant de vous lancer dans un traitement, un peu d’observation vaut mieux qu’une pulvérisation au hasard: toutes les altises n’ont pas le même appétit et toutes les plantes ne réagissent pas de la même façon à leurs attaques.

Reconnaître les altises avant de vouloir les éliminer

À l’œil nu, une altise ressemble à un grain de café miniature, long de 2 à 5 mm, avec un corps rond ou ovale, des antennes filiformes et surtout des pattes arrière très développées qui lui permettent de projeter son corps à plusieurs centimètres quand elle se sent menacée. La couleur varie du noir mat au vert métallique en passant par le bronze. Pas de quoi impressionner, sauf quand on réalise qu’une seule femelle peut pondre plusieurs dizaines d’œufs en une saison.

Sous le terme « altise », on regroupe une vaste famille de coléoptères sauteurs appartenant à la tribu des Alticini. Les espèces qui croisent le plus souvent la route des jardiniers et des maraîchers se classent en quelques genres, chacun avec ses plantes hôtes favorites. En connaissant le genre qui sévit chez vous, vous affinez la méthode de lutte.

Les espèces d’altises que vous croisez le plus souvent

La grosse altise du colza (Psylliodes chrysocephala) est un insecte dont l’adulte mesure jusqu’à 4,5 mm, au corps bleu-vert aux reflets métalliques. Elle hiverne à l’état adulte et attaque surtout les crucifères comme le colza, le chou ou la moutarde. Sa larve, qui peut atteindre 8 mm, creuse des galeries dans les pétioles et les tiges, ce qui la rend difficile à atteindre une fois installée.

L’altise des crucifères (Phyllotreta nemorum) ne dépasse pas 3 mm. Elle s’active dès que les températures franchissent 10 à 12 °C et cause les fameux criblages sur les feuilles de radis, navets, roquette, choux de Bruxelles et jeunes plants de brocoli. C’est l’espèce la plus courante au potager amateur.

L’altise de la vigne (Altica ampelophaga) mesure 5 mm, son corps est vert sombre à reflets bleus, pattes noires. Elle ne se contente pas des crucifères: elle attaque la vigne, mais aussi l’épilobe ou la bruyère sauvage.

L’altise du lin (Longitarsus parvulus) est minuscule: environ 1 mm seulement. Elle s’en prend au lin cultivé, mais peut aussi se rabattre sur certaines adventices.

Les genres Blepharida et Alagoasa regroupent des espèces tropicales ou subtropicales, peu présentes sous nos climats tempérés, mais qui méritent d’être connues si vous cultivez des plantes exotiques sous serre ou en véranda.

Ces différences de taille, de couleur et de plante hôte ne sont pas anecdotiques. Un traitement qui fonctionne sur Phyllotreta nemorum à 3 mm risque de laisser passer une Psylliodes de 4 mm installée dans les tiges.

Le cycle de vie des altises: où elles passent l’hiver

Les adultes passent l’hiver à l’abri, sous des débris végétaux, dans les fissures du sol ou sous les écorces. Dès que les températures repassent durablement au-dessus de 10-12 °C, ils émergent et s’alimentent sur les premières plantes disponibles. C’est le pic de dégâts visibles: les jeunes feuilles tendres des semis sont littéralement déchiquetées.

Les femelles pondent ensuite dans le sol, près de la base des plantes hôtes, ou sur les feuilles selon les espèces. Les œufs éclosent en une dizaine de jours. Les larves, blanchâtres à tête noire, atteignent 6 mm chez certaines espèces et rongent racines ou tiges pendant environ un mois avant de se nymphoser dans la terre. Une nouvelle génération émerge en milieu d’été, une troisième en automne si les conditions restent douces.

Ce qui piège le jardinier, c’est que les dégâts foliaires sont surtout le fait des adultes alors que les larves, invisibles, affaiblissent la plante par le bas. On peut donc voir les symptômes régresser un temps puis repartir de plus belle quand la génération suivante sort du sol.

Les dégâts au potager: bien plus qu’un problème esthétique

Quand on découvre des feuilles de choux ou de navets criblées de trous, la première réaction est de penser à un simple préjudice visuel. C’est une erreur.

Sur les jeunes plants, une attaque sévère des adultes peut stopper net la croissance en réduisant la surface foliaire de plus de 50 % en quelques jours. Les plantules affaiblies sont plus sensibles à la sécheresse, aux maladies et aux autres ravageurs. Dans le cas des racines (radis, navets, betteraves), les larves qui creusent dans le pivot créent des galeries qui déprécient la récolte et ouvrent la porte à des pourritures secondaires.

Les cultures les plus touchées restent les crucifères, ce qui inclut le colza, la moutarde, le cresson, le radis, le navet, le chou, le brocoli et la roquette. Mais selon les espèces, les pommes de terre, les betteraves, le lin ou la vigne subissent aussi des dégâts significatifs. L’attaque est plus virulente au printemps, quand la végétation spontanée est encore rare et que les altises se concentrent sur les premiers semis du potager.

La rapidité de l’attaque est le facteur le plus déroutant. En l’espace d’une semaine chaude, un semis de navets peut passer de l’état de plantules vigoureuses à celui d’une culture dévastée. C’est pourquoi la prévention prime sur la réaction.

Prévenir l’apparition des altises: des gestes simples qui évitent les traitements

Si vous cultivez des crucifères chaque année, vous savez que les altises reviendront. La question n’est pas de savoir si elles vont attaquer, mais quand. Voici ce qui fonctionne sur le terrain pour limiter leur installation.

Rotation des cultures et travail du sol

Ne remettez pas de crucifères au même endroit deux années de suite. Les larves et les adultes hivernants se concentrent dans le sol de la parcelle précédente. Une rotation sur 3 ou 4 ans brise le cycle, surtout si vous alternez avec des cultures non hôtes comme les légumineuses, les alliacées ou les cucurbitacées. Un labour ou un binage superficiel en fin d’hiver expose les adultes en diapause au gel et aux prédateurs naturels, ce qui réduit la pression au redémarrage.

Barrières physiques et voiles anti-insectes

La méthode la plus fiable pour protéger les jeunes semis reste le voile anti-insectes à maille très fine. Pour arrêter des altises de 2 ou 3 mm, il faut une maille inférieure à 0,8 mm, posée immédiatement après le semis ou la plantation, avec les bords enterrés pour empêcher toute intrusion. Les filets à mailles de 2 mm laissent passer les plus petites espèces, ce qui rend l’installation inefficace.

Les voiles présentent un double avantage: ils bloquent aussi la mouche du chou et créent un microclimat qui accélère la levée au printemps. En revanche, il faut les retirer pour le binage ou la récolte, et sous climat chaud ils peuvent provoquer un excès de confinement. On les retire dès que les plantes ont passé le stade de 6 à 8 feuilles, quand elles sont moins vulnérables aux attaques sévères.

Favoriser l’humidité et le microclimat

Les altises sont plus actives par temps sec et chaud. Un arrosage régulier par aspersion, tôt le matin ou en soirée, perturbe leur activité et crée des conditions moins favorables à la ponte. Un sol couvert d’un paillis fin (paille hachée, tonte de gazon séchée) maintient une humidité de surface qui décourage les adultes de s’installer. C’est un levier modeste, mais cumulé avec les autres mesures, il fait la différence.

Les prédateurs naturels des altises

Plusieurs prédateurs régulent les altises quand on leur laisse une place au jardin. Les oiseaux insectivores (mésanges, bergeronnettes, moineaux) picorent les adultes sur les feuilles; les carabes et les staphylins s’attaquent aux larves et aux adultes au sol; chrysopes et punaises prédatrices chassent les œufs et les jeunes larves. Une bande enherbée, quelques plantes à fleurs et zéro traitement à large spectre suffisent à les fixer. Les nématodes entomopathogènes (Heterorhabditis, Steinernema) appliqués au sol parasitent les larves, à condition d’un sol humide et bien préparé.

Méthodes de lutte curatives: du plus doux au plus radical

Quand la prévention n’a pas suffi et que vous constatez des dégâts, agissez vite sans céder à la panique chimique. On épuise d’abord les moyens mécaniques et biologiques; l’insecticide de synthèse n’arrive qu’en dernier, et seulement si la récolte est menacée.

Piégeage mécanique

Les plaques engluées jaunes attirent une partie des adultes. On les dispose à la verticale juste au-dessus de la culture, en les déplaçant tous les 25 à 40 cm. L’efficacité seule est limitée sur une forte infestation, mais le piégeage permet surtout de détecter précocement la présence des altises et d’évaluer la pression. Les modèles de format 25 x 10 cm ou 25 x 40 cm conviennent bien.

Traitements biologiques et naturels

Le pyrèthre naturel, extrait de fleurs de chrysanthème, agit par contact sur les adultes. Il se dégrade rapidement à la lumière; appliquez-le le soir, quand les altises sont moins mobiles, et renouvelez l’application tous les 5 à 7 jours si la pression persiste. Attention, le pyrèthre n’épargne pas toujours les auxiliaires: on le réserve aux situations de crise sur des plants à un stade critique (semis de navets, jeunes plants de choux).

Les préparations à base de purin de tanaisie, d’ail ou d’absinthe ont montré un effet répulsif sur les altises adultes. Ces extraits fermentés n’ont pas de pouvoir insecticide létal, mais ils perturbent la reconnaissance de la plante hôte. On les pulvérise en préventif sur feuillage, en renouvelant l’application après chaque pluie.

Le savon noir dilué à 2 ou 3 % peut asphyxier les adultes par contact. Il est surtout utile pour nettoyer un foyer naissant sur une petite surface, avant que la population ne se disperse. Comme tout traitement de contact, il doit toucher l’insecte au moment de l’application, ce qui limite son utilité sur des altises très mobiles.

Traitements chimiques conventionnels

Les insecticides de synthèse à base de lambda-cyhalothrine ou de deltaméthrine sont homologués sur certaines cultures de plein champ, mais leur usage au potager familial est restreint, voire interdit selon les spécialités commerciales. Ils présentent en outre le double inconvénient d’éliminer les prédateurs naturels et de sélectionner des résistances chez les populations d’altises, notamment chez Psylliodes chrysocephala en grandes cultures. Si vous devez vous résoudre à un traitement chimique sur une culture vivrière, respectez impérativement les délais avant récolte indiqués sur l’étiquette et ne traitez jamais en présence de fleurs butinées par les abeilles.

Peu de jardiniers amateurs ont besoin d’en arriver là. Dans la majorité des cas, une combinaison de voile anti-insectes au stade jeune, de piégeage et d’une pulvérisation ciblée de pyrèthre suffit à préserver la récolte sans mettre en péril l’équilibre du potager.

Questions fréquentes

C’est quoi des altises?

Les altises sont de petits coléoptères sauteurs de la tribu des Alticini, appartenant à la famille des Chrysomelidae. Mesurant de 1 à 5 mm selon les espèces, elles se reconnaissent à leurs pattes arrière très développées qui leur permettent de bondir quand on les dérange. Leurs larves vivent dans le sol ou les tiges, tandis que les adultes perforent les feuilles de nombreuses plantes cultivées.

Est-ce que les altises piquent?

Non, les altises ne piquent pas l’homme. Leurs pièces buccales sont conçues pour mâcher les tissus végétaux, pas pour percer la peau. Si un insecte sauteur vous « pique » au potager, il s’agit plus probablement d’une puce ou d’un autre arthropode. La confusion vient de leur capacité à sauter brusquement, qui les fait passer pour des puces.

Quels sont les prédateurs naturels des altises?

Les principaux prédateurs naturels des altises sont les oiseaux insectivores (mésanges, bergeronnettes), les carabes, les staphylins, les chrysopes et certaines punaises prédatrices. Les nématodes entomopathogènes appliqués au sol peuvent aussi parasiter les larves. Favoriser ces auxiliaires en installant des nichoirs, en laissant des bandes enherbées et en limitant les insecticides à large spectre constitue la meilleure stratégie de régulation à long terme.

Comment se débarrasser des altises?

La méthode la plus efficace consiste à combiner plusieurs approches: installer un voile anti-insectes à maille inférieure à 0,8 mm sur les jeunes semis, pratiquer la rotation des cultures, arroser régulièrement pour maintenir l’humidité en surface, piéger les adultes avec des plaques engluées jaunes, et en dernier recours pulvériser du pyrèthre naturel le soir tous les 5 à 7 jours en cas de forte infestation. Les traitements chimiques de synthèse restent une option pour les grandes cultures gérées par un professionnel, mais ils compromettent l’équilibre du potager familial.

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